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22/11/2008

Met(tre) Lepage en images

METdamnation.jpgSamedi après-midi, l’opéra La Damnation de Faust, d’Hector Berlioz, mis en scène par Robert Lepage, présenté au Metropolitan Opera de New York et diffusé en direct et en HD sur des milliers d’écrans de cinéma à travers le monde. Y compris au cinéma Jonquière, dont la salle s’est presque remplie pour l’occasion.
Une mise en scène typiquement lepagesque: on reconnaît le goût de RL pour les technologies de l'image, l’animation saccadée, le noir et blanc, le mélange des genres, et sa propension à miser sur l’effet hypnotique et émotif de la répétition, que l'on pouvait déjà apprécier l’été dernier à Québec avec son Moulin à images.
Il propose en fait une scène verticale, comme un écran de cinéma tendu du plancher au plafond, et visuellement découpé en cellules, sortes de fenêtres ou de portes donnant sur des pièces, des aires ouvertes, des paysages, des images fantasmagoriques où évoluent chanteurs, danseurs, figurants, personnages réels ou virtuels.
L’opéra, dirigé avec science et âme par le maestro James Levine, est musicalement intéressant, et raconte, à quelques nuances près, la même histoire (inspirée par le récit de Goethe, qui lui-même s’est inspiré d’un conte populaire allemand) que celle du Faust de Gounod... mais sans les grands airs.
Vocalement très correcte, la soprano Susan Graham s’avère convaincante et émouvante dans le rôle assez bref de Marguerite, le baryton-basse (canadien) John Relyea propose un Méphisto ironique et diabolique doté d’une assez belle voix. Dommage que le ténor Marcello Giordani en Faust gâche la sauce: sans attrait, sans véritable présence, il chante mal, et surtout, son jeu est plat, inexistant en fait, il ne transmet aucune émotionrLepage.jpg, il regarde à peine sa partenaire pendant leur grande scène d’amour.
Autre regret: la mise en images (signée Barbara Willis Sweete) pour diffusion au cinéma ne permet pas d’apprécier vraiment la mise en scène de Robert Lepage (nous avons eu droit à une brève interview avec lui à l'entracte). Il n’est pas évident au départ de filmer un spectacle qui fait autant appel à la technologie numérique. De plus, les caméras montrent obstinément une petite partie de l’action, alors qu’on aurait souhaité avoir davantage de prises de vue de l’ensemble. (D’autres en ont parlé, par exemple Jack).
Quand on voit un personnage qui évolue dans l’eau, on ne sait pas du tout où et comment est cette eau sur le plateau du Met. Quand observe ce qui se passe dans une seule cellule, on aimerait savoir s'il y a la même chose ou si c'est différent dans les sept ou neuf autres fenêtres.
Ceci dit, c’était extraordinaire d’avoir accès à cette production, qui a fait partout salle comble. Les billets étaient vendus longtemps d’avance  dans tous les cinémas du Québec et d’ailleurs où l'opéra était projeté (c'est déjà complet pour la rediffusion du 17 janvier).

À Jonquière, il n’y avait pas de prévente, et il suffisait d’arriver 40 minutes avant le début de la projection pour avoir une bonne -mais plutôt inconfortable- place.

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