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15/03/2010

Carmen, enfin!

Samedi après-midi, devant le cinéma Jonquière, des gens faisaient la queue dehors en attendant qu'on ouvre les portes. Ce n'était pas pour Avatar, encore moins pour un quelconque -et merdique- blockbuster américain, non, c'était pour un opéra!!! Carmen!!!

Formidable, n'est-ce pas?

J'étais dans cette file et j'ai finalement vu la Carmen du Metropolitan Opera, avec Yannick Nézet-Séguin à la direction musicale. Lors de la première diffusion, j'étais arrivée tôt et pourtant trop tard pour avoir une place. Pour la rediffusion, hier, la salle était pleine encore une fois.

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J'en avais parlé ici après l'avoir écouté à la radio. Carmen est l'opéra le plus joué au monde (je me réjouis qu'une oeuvre en français [inspirée par une nouvelle de Prosper Mérimée] arrive devant tous les chefs-d'oeuvre italiens et allemands) et on comprend pourquoi: une histoire de passion et de mort, des arias nombreuses et accrocheuses, une partition pour orchestre à la fois subtile et entraînante.

Dans cette production du Met, la mezzo-soprano lettone Elina Garança vole carrément la vedette. Elle chante magnifiquement, prononce le français quasi parfaitement, elle est belle, sensuelle, tout passe dans ses yeux bleus (ou gris?): c'est tout simplement fabuleux.

Superbe mise en scène de Richard Eyre, décors assez gigantesques, stylisés et  pertinents, direction attentive et dynamique du maestro montréalais qui faisait ses débuts au Met (il y retournera la saison prochaine pour diriger Don Carlo, de Verdi, qui sera également transmis au cinéma).

Le ténor français Roberto Alagna, je le répète, est fort agréable à entendre surtout à cause de sa diction impeccable et de son phrasé parfait dans cette langue qui est la sienne. Quant à sa voix, elle m'a semblé un peu fatiguée, surtout dans les dernières scènes. Ceci dit, il a encore de la prestance, et son jeu scénique, sans être aussi impressionnant que celui de sa partenaire, est intense et tout à fait à la hauteur du rôle.

Le baryton Teddy Tahu Rhodes a remplacé, à trois heures d'avis, celui qui devait jouer Escamillo. Son chant n'est pas parfait, mais son physique est idéal: grand, mince, port altier: le torero parfait. Finalement, Barbara Frittoli s'acquitte fort bien du rôle ingrat de Micaëla.

Les pas de deux que l'on voit (pendant que l'orchestre joue) dans une fente irrégulière qui zèbre les rideaux comme un éclair (elle fait penser à autre chose aussi) sont élégants, sensuels, évocateurs. Les scènes de foule, assurées par les choristes, sont bien réglées, agréables à voir, et en parfaite harmonie avec l'ensemble de la production.

Quatre heures d'opéra (plus l'heure d'attente au début): quatre heures de bonheur, encore une fois. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et j'y retournerais demain matin à la première heure si la chose était possible.

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