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01/05/2010

Armida: charme et trémolos

duoFleming,jpg.jpgArmida: un autre plaisir d'opéra. Un peu moins de monde que d'habitude, samedi après-midi au cinéma Jonquière pour la projection en direct du Metropolitan Opera, peut-être le beau temps a-t-il fait concurrence à l'opéra, mais personnellement j'ai passé des heures délicieuses.
Je ne connaissais pas cette oeuvre de Rossini, assez rarement jouée, c'est la première fois qu'elle est montée au Met.

La magnifique et toujours belle Renée Fleming aborde ce rôle périlleux avec grâce et assurance, ornementant son bel canto avec une virtuosité éblouissante.

Elle est entourée de cinq ténors, notamment du  bien nommé Lawrence Brownlee (que l'on verrait mieux dans le camp des maures que dans celui des chrétiens... mais enfin), qui joue Rinaldo, celui qu'elle ensorcelle et qui finalement la quitte. Belle voix également du ténor Barry Banks, dans ses deux rôles.

Cette incessante cascade d'exploits vocaux et de mélodies sublimes produit sur moi le même effet que le chocolat:  délicieux mais tellement riche que j'avais parfois un sentiment de satiété... et ça continuait quand même... Du bel canto pur sucre.
La magicienne Armida entraîne Rinaldo, le chef nouvellement élu des croisés dans un palais enchanteur et le tient sous son charme grâce à sa sorcellerie. Un sujet classique, pourrait-on dire. Et comme Ulysse et bien d'autres, Rinaldo finit par quitter celle qu'il aime pourtant pour vaquer à ses occupations d'homme: combat, guerre, le travail quoi!

Un ballet fabuleux au deuxième acte. Chapeau à la chorégraphe Graciela Daniele et aux danseurs et danseuses.

fleursArmida.jpgCliquez sur la photo pour voir la vidéo promotionnelle de l'opéra.

Cliquez ici pour lire l'opinion de Jack.

 

Décors assez ordinaires, costumes couci-couça: certains, comme ceux des démons à la manière de Cats, frisent le ridicule. D'ailleurs la wagnérienne Debora Voigt qui remplaçait Renée Fleming (occupée ailleurs!) à l'animation, interviewant le chef de ces démons, n'a pu s'empêcher de dire qu'il portait le plus bizarre (weirdest -et je crois qu'elle voulait dire le plus laid-) costume jamais vu à l'opéra.

Mise en scène un peu confuse de Mary Zimmerman, qui on dirait, ne sait pas trop sur quel pied danser. Toute l'histoire est présentée sur un mode légèrement ironique, accentué par le sourire narquois qui ne quitte presque pas le visage de Mme Fleming. Pas de véritable émotion, donc, comme si tout ça n'était pas sérieux.

Mais comment pourrait-on être dans le drame quand les chanteurs virtuoses s'affrontent en duel -ou plutôt en duo- à coups d'ornements, fioritures, vocalises, arpèges, trilles, roulades et autres trémolos, tous plus étourdissants les uns que les autres?
On savoure, voilà, on savoure la musique, le temps passe vite, on en sort joyeux.
Les critiques ont été plutôt sévères envers cette production (ils ont même attaqué la prestation de Renée Fleming), si la chose vous intéresse, vous en trouverez plusieurs dans la page affichée par ce lien.
Mais comme vous le savez certainement, il ne faut jamais croire les critiques...

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