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12/04/2008

Tristan und Isolde: longueurs indécentes

707068252.jpgTristan und Isolde, de Richard Wagner, production du Metropolitan projetée au cinéma Jonquière : sauf quelques bons passages de l’orchestre, dirigé, comme toujours, avec amour par James Levine, rien ne m’accroche.
En écoutant les belles voix de  Deborah Voigt et de Robert Dean Smith (photos sur cette page) chanter leurs airs monotones, répétitifs, sans mélodie et sans charme, j’ai pensé  que Wagner, en écrivant ses interminables opéras,  n’avait qu’un seul but : abuser de la patience du public.
Le duo d’amour de Tristan et Iseult, la mort de Tristan, la colère d’Iseult: chacun de ces passages dure 45 bonnes minutes. Tout cela est interminable et pourrait se régler en 5 minutes comme tout bon air d’opéra. Impossible pour moi d’accéder à cette passion exprimée par une musique et un texte exacerbés, hypertrophiés, surdimensionnés. La subtilité, le non-dit, la concision, oubliez ça: Wagner ne connaît pas ça.
Dans le décor dépouillé et magnifiquement éclairé de cette production du Met, il ne se passe à peu près rien et les quelques actions au programme durent environ six secondes chacune. Le reste du temps, les chanteurs chantent,  il faut les écouter. Ils chantent bien ceci dit, Mme Voigt a un beau visage expressif, lui un visage ingrat et une très belle voix. Ce sont d'ailleurs de superbes artistes, que je respecte totalement, et ils accomplissent là quelque chose de surhumain. 42614689.jpg
J’y suis allée parce que j’étais curieuse, étant donné que tant de gens aiment, adorent Wagner. Maintenant je sais: je sais que je suis totalement insensible, sinon allergique à ce compositeur. Je suis contente d'avoir vu Tristan, contente d’être restée jusqu’à la fin (durée totale : cinq heures et dix minutes) malgré l’envie que j’avais, au moins jusqu’au milieu, de m’en aller (je connais quelqu’un qui l’a fait), d’ailleurs le dernier acte était le meilleur, et contente enfin de savoir que s’il y a d’autres opéras de Wagner présentés au cinéma, je pourrai décider en toute connaissance de cause de ne pas y assister.
Le concept de diffusion était spécial, avec des cadres virtuels superposés à l’image et divisant celle-ci en petites cases. Intéressant mais pas tout à fait convaincant. La responsable de cette captation a expliqué son travail lors d’une interview. Il y a aussi eu un reportage sur le montage du décor et du système d’éclairage sophistiqué.
J’ai aimé les interviews (réalisées par Susan Graham, que j’ai entendue une fois chanter à Montréal) avec Deborah Voigt affirmant que ça prend de bons souliers pour chanter Wagner, avec Michelle DeYoung, tellement grande qu’elle doit s’éloigner de Voigt pour éviter de mettre en évidence leur différence de taille, avec la responsable du casting qui disait la difficulté de recruter un Tristan à la dernière minute parmi les quelque 10 ténors dans le monde capables d’assumer le rôle (Ben Heppner, engagé pour le rôle, a été malade et a dû manquer quelques représentations).
En somme, j’ai mieux aimé les entractes que les actes!

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